Manu Dibango : Soul Makossa is not free ?

Soul Makossa, le titre phare de Manu Dibango depuis les années 70, se fait entendre encore régulièrement, mais fait aussi parler de lui… dans les tribunaux !

Certes, il y avait déjà eu un ancien litige sur l’utilisation “abusive” du fameux mamasé, mamasa, mamakosa… : Michael Jackson, et son producteur Quincy Jones, ont utilisé ce gimmick sur l’album Thriller dans la chanson “Wanna be startin’ somethin’”. Sans lui demander son avis, ni son accord, et surtout sans le créditer sur le disque…
Un accord honorable avait été trouvé au milieu des années 80, avec dédommagements, mais laissant à Manu le contrôle sur toute nouvelle utilisation éventuelle de ces extraits.
Or, 2008 a vu sortir 2 titres : tout d’abord le remix par Akon de cette fameuse chanson pour le 25ème anniversaire de Thriller, qui reste l’album le plus vendu au monde à ce jour, et le single de Rihanna “Don’t stop the music”… qui intègre lui-même un extrait de la chanson de Michael Jackson, avec le fameux gimmick cité plus haut… Vous suivez ? 😉

Et là encore, Manu est le grand oublié de l’histoire, Michael Jackson étant crédité dans les 2 cas comme l’auteur original…

Manu a donc décidé d’attaquer une nouvelle fois pour “plagiat”. Un référé sera présenté le 3 février pour demander, entre autres, le blocage des droits d’auteur liés au titre de Rihanna en France.

Etant moi-même éditeur, je comprends tout à fait cette réaction. L’utilisation abusive est une chose, mais l’intégration professionnelle sans être, au minimum, cité/crédité lorsque l’on est pas un illustre inconnu (et encore…), et donc rétribué en conséquence pour son travail, est extrêmement désagréable… surtout lorsque cela engendre un succès réalisé, en partie, grâce au travail d’un autre…

Je m’étais d’ailleurs posé la question lorsque j’avais entendu le titre de Rihanna pour la première fois… comme cela m’arrive souvent lorsque j’entends des mix ou autres mashups…

A quoi pensent les producteurs et les maisons de disques ? Que personne ne remarquera ? Que le monde de la musique est une telle jungle, que l’on peut passer outre ? Y-a-t-il encore quelqu’un qui valide les droits avant la sortie d’un disque, même un single ? Ou bien la spirale de l’échec est tellement ancrée dans l’industrie musicale, que tout le monde se retrouve devant les faits accomplis une fois le succès arrivé en attendant de voir s’il va se passer quelque chose ?