Blaxploitation is back with “Black”

Le 15 juillet sort un nouveau film, qui remet au goût du jour un “genre” que l’on pensait oublié, la Blaxploitation, même s’il a inspiré le Gangsta’Rap et les films de Tarentino…

Ce film se nomme Black, avec MC Jean Gab’1 dans le rôle titre. Voici la bande-annonce :

La Blaxploitation, contraction de “black” et “d’exploitation” (pour films d’exploitation commerciale, faits rapidement et à budget modéré), c’est en fait le symbole d’une révolte, au début des années 70, des artistes noirs américains qui “en ont marre” de ne jouer que des 3ème ou 4ème rôles, très stéréotypés, ou des rôles plus importants, mais très “politiquement corrects”.
Ils décident de créer un genre cinématographique, principalement de type “Série B”, où ils seront les producteurs, les réalisateurs, les acteurs, les musiciens et les héros du film, bons ou méchants… pour un public potentiel important et avec un humour souvent ravageur et critique…
Un cinéma fait par des noirs pour des noirs, après les luttes pour les droits civiques des années 60.
Ne pas oublier qu’en 1969, James Brown chantait I’m black and I’m proud.

Le premier film est Sweet Sweetback’s Baadasssss Song réalisé en 1971 par Melvin Van Peebles.
La majorité des films tournés sont dans la catégorie action ou polar, jouant à fond sur les clichés de l’époque. Naissent ainsi des classiques, où la musique et les musiciens sont une composante importante : Superfly, avec la musique de Curtis Mayfield, Shaft, les nuits rouges de Harlem, avec la musique d’Isaac Hayes, Tuck Turner avec Isaac Hayes en acteur aussi, Foxy Brown, le volet féminin, Car Wash… jusqu’à des films d’horreur comme Blackula ou Blackenstein
Ce mouvement cinématographique fut prolifique sur une courte durée, à la fois rattrapé par les studios Hollywoodiens et la disparition des salles dédiées aux films d’exploitation, au début des années 80.

Si la majorité des films ont disparu de notre mémoire, ou presque, les bandes originales, souvent d’une qualité exceptionnelle, tant en Funk qu’en Soul Music, sont encore très connues, et très largement samplées. Ainsi, les plus grands artistes afro-américains ont composé pour la Blaxploitation : James Brown, Isaac Hayes, Curtis Mayfield, Bobby Womack, Marvin Gaye, Sly Stone, Roy Ayers et même Herbie Hancock et Barry White. Toute la musique urbaine des années 70 est là.

Shaft (1971)

Car Wash (1976)

Truck Turner (1974) avec Isaac Hayes

Foxy Brown (1974) avec Pam Grier

Pour revenir au film Black bientôt sur nos écrans, il est l’oeuvre de passionnés de cette période du cinéma (production, scénario), d’un réalisateur, à la vision très graphique, et d’une équipe de conseillers musicaux qui devait rappeler la tonalité des bandes-son d’époque, sans tomber dans la nostalgie. La BOF sortira en septembre regroupant des titres originaux, des reprises (Zombie, de Fela Kuti, repris par Nile Rogers, guitariste de Chic et Roy Hargrove à la trompette) et des classiques (Also sprach Zarathustra, de Richard Strauss arrangé par Eumir Deodato ; Roy Ayers ; Antibalas ; Don Cherry ; et même Magma de Christian Vander !).
La chanson du générique (de fin) mêle Rap et Afrobeat jazzy avec une rencontre entre Mc Jean Gab’1 et Tony Allen (dont je vous reparlerai, promis !), le batteur historique de Fela.

Enjoy!