Bon, ce n’est pas que je délaisse KoToNTeeJ, car je prépare des billets suite à des idées diverses et variées, mais je n’ai pas vraiment le temps de m’y consacrer à 100%… car mes activités pro me prennent pas mal de temps…
De toutes façons, mon travail va dans le sens de ce blog… Car il s’agit d’Afrique et de musique… mais ça j’imagine que mes lecteurs fidèles (il y en a environ 10% qui reviennent régulièrement) l’auront deviné !
Aussi, je voulais faire un petit point et vous donner l’occasion de lever un peu le voile…

Comme je l’avais annoncé il y a maintenant pas mal de temps, CybearSonic, la société qui publie KoToNTeeJ, a lancé le projet “unLabel“. Je devais expliquer plus avant de quoi il était question, mais au final, plutôt que des longs discours théoriques (très en vogue dans le monde de la “musique 2.0″), je suis passé à l’action directement…

Et naturellement, ma passion pour les “musiques du monde” (voir à ce sujet mon billet sur le site Le Petit Nègre) et le Jazz, mes rencontres au fil du temps, lors de concerts ou via ce blog, m’ont amené à travailler avec des artistes Africains, qui ont la capacité à s’appuyer sur leurs racines, sans les trahir ni les dévoyer, pour faire évoluer leur créativité musicale et chercher à atteindre d’autres sommets…

Ainsi, en mars j’étais au Bénin pour produire le 1er album du groupe Alle’sTones, qui est actuellement en phase de mixage.

Si tout avance bien, l’album sera disponible au début de l’automne. Je croise les doigts !

Depuis la fin de l’hiver, je travaille en parallèle avec Djeli Moussa Diawara pour faire le point sur sa carrière et redéfinir avec lui ses objectifs artistiques.

Car produire un auteur-compositeur-interprète, au fond, c’est assez facile… On écoute ses dernières maquettes/compositions, on cherche les autres instrumentistes, si besoin, un studio, un ingénieur du son, on planifie, on organise, on contractualise et on paye…
Le plus complexe, c’est le travail artistique en profondeur : faire réfléchir l’artiste sur qui il est, d’où il vient et où il cherche à aller, ce qu’il veut, ou peut, faire, comment il se voit, ce qu’il souhaite devenir… le tout en relation avec sa musique, passée et future, y compris lors des sessions d’enregistrement où la “direction artistique” permet souvent de “recentrer le débat” et d’éviter de partir dans des discussions sans fin sur ce qu’il convient de faire ressortir musicalement face aux avantages et inconvénients de la technique d’enregistrement (ah, les joies de ProTools…).

Et l’enregistrement terminé, il reste encore tellement de choses à prévoir : le mixage, le mastering, la distribution, la communication (presse, TV, radio…), la présence numérique… sans oublier les concerts et les tournées !

Pour en revenir à Djeli Moussa, nous avons pu travailler plusieurs axes différents, qui permettent de présenter tout l’éventail de ses capacités instrumentales et vocales, les possibilités offertes par sa Kora 32 cordes, instrument unique qu’il est le seul à posséder et à maitriser, ainsi que la palette de styles qu’il peut couvrir, depuis ses racines mandingues jusqu’aux territoires les plus Jazzy.

Sans déflorer trop tôt les différentes sorties qui se précisent pour l’automne, sachez que sa discographie, déjà riche de 7 albums depuis 1983, va s’agrandir fortement… et que la distribution de ces albums prendra des chemins innovants… A suivre…

En attendant, je vous propose une vidéo réalisée pendant une répétition, sur une reprise de l’un des premiers titres de Djeli Moussa, où la tradition (balafon et ngoni) vient supporter la technicité du korafola et sa voix incroyable, chose trop rare chez ces instrumentistes.

Rehearsing Haidara

Bien entendu, les commentaires sont ouverts à toutes vos remarques et réflexions.

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