Alors que je viens de poster le billet sur Hugh Masekela, je m’aperçois que son parcours est tellement vaste qu’il convient de le compléter par petites touches…
Au début des années 70, Masekela se sent un peu “fatigué” du Jazz Américain et songe à revenir aux racines… à la musique Africaine. Par l’entremise de Fela Kuti, il fait la rencontre du groupe Ghanéen Hedzoleh Soundz, et 2 albums suivent… dont le classique de l’Afro-Jazz “Masekela Introducing Hedzoleh Soundz”.
C’est un classique, je sais, mais j’aime toujours autant…
Et en recherchant des infos pour ce billet, j’ai (re)découvert que ce titre faisait partie de la bande originale du film Black Mic Mac de Thomas Gillou avec Jacques Villeret et Isaac de Bankolé (1986)… Je me souviens que cette BOF m’avait marqué et que je l’ai cherchée, vainement… On y retrouve Papa Wemba, Youssou N’dour, Ray Lema… et donc Maitre Gazonga.
Hamed Gazonga, de son vrai nom Ahamat Salet Rougalta, est un musicien Tchadien, né en 1948 et malheureusement décédé en avril 2006.
Travaillant à N’Djamena, il décide à 21 ans de devenir musicien, rejoint un 1er orchestre, qu’il quitte rapidement pour former l’International Challal. Il tire son inspiration de la musique folklorique des diverses régions du Tchad avec des influences musicales très variées : soukouss, highlife, mbalax voire funk éthiopien…
L’album Les Jaloux Saboteurs a été enregistré à Abidjan vers 1984, avec des musiciens de divers pays africains et tout ce qu’il faut en guitares (entre autres certainement son frère, lui-même décédé récemment) et en cuivres sur les 4 titres qui le composent.
Maitre Gazonga était l’un des musiciens les plus connus du Tchad, et sa popularité allait largement au-delà des limites régionales… R.I.P
Les Jaloux Saboteurs
Une petite anecdote trouvée sur le Web : Maitre Gazonga et son groupe Challal avaient trouvé un moyen de partir en tournée à travers le Tchad tout en étant convenablement payés. Gazonga sachant que dans les zones rurales les gens sont souvent pauvres, n’ont pas d’argent mais malgré tout veulent s’amuser, le groupe donnait des concerts pendant plusieurs mois dans toutes les régions du Tchad où les villageois pouvaient payer avec ce qu’ils avaient : du sorgo, du riz, du poisson séché, des poulets, des haricots… Et les concerts eurent ainsi beaucoup de succès.
Et pendant que le groupe allait de village en village, 2 camions faisaient des aller-retour avec la capitale N’Djamena, pour vendre au marché une partie des produits récupérés, l’autre étant directement donnée aux familles des musiciens. L’argent ainsi récupéré permettait de payer les salaires et avec les profits réalisés, ils pouvaient répéter le reste de l’année et enregistrer de nouveaux titres. Génial, non ?
Avant le couper-décaler, la Côte d’Ivoire dansait sur les rythmes d’Ernesto Djédjé, le Roi du Ziglibithy.
Ernesto Djédjé dans “Konan Bedié”
Décédé le 9 juin 1983 à Yamoussoukro, à 36 ans, Djédjé était un artiste complet : guitariste, compositeur, arrangeur, chanteur et danseur… En “fouillant” dans la tradition, et en complétant par d’autres influences musicales (Soul, Makossa…), il a créé le Ziglibithy, qui aujourd’hui encore suscite l’engouement… et la polémique parmi les “héritiers”…
Ci-dessous la reprise de l’un de ses titres les plus connus, Ziboté, par Luckson Padaud.
* Update 17/5/10 : pour tout savoir sur la chanson Wavin’ Flag du chanteur de Hip-Hop K’Naan, consultez le billet K’Naan, Wavin’ Flag for Coca-Cola @ WorldCup’10
* Update 18/5/10 : voir en fin du billet le Making Of du clip en 3D
* Update 9/6/10 : retrouvez aussi les campagnes publicitaires de Pepsi, Adidas, Nike et Puma… et le clip officiel est enfin arrivé !!!
Auraient pu mieux faire…
Vient de sortir “l’hymne officiel” de la prochaine Coupe du Monde en Afrique du Sud et j’avoue que je trouve ça un peu léger, même si bien entendu de nombreuses oreilles vont trouver ça “pas mal”…
Attention, je ne dis pas que c’est mal fait… juste que les choix me semblent un peu “faciles”… On écoute d’abord “Waka Waka – This Time for Africa”…
Certains labels se font une spécialité actuellement d’aller redécouvrir des artistes Africains qui ont marqué les années 70 ou 80 de leur empreinte, puis disparu de notre horizon musical… Le label Anglais Strut fait partie de cette mouvance.
Avant de vous parler du nouveau Poly Rythmo, voici Ebo Taylor, dont le premier album international est sorti en 2010.
Parmi les pionniers du Highlife, Ebo Taylor, comme E.T. Mensah, fut l’un des maitres des nuits Ghanéennes pendant les années 50 et 60, lorsque ce style explosait, aussi bien en tant que compositeur que leader.
En 1962, venu à Londres pour étudier, il incorpore le Jazz au Highlife avec d’autres étudiants pendant des boeufs où ils tentent de développer leurs capacités musicales et leurs idées.