C’est un classique, je sais, mais j’aime toujours autant…
Et en recherchant des infos pour ce billet, j’ai (re)découvert que ce titre faisait partie de la bande originale du film Black Mic Mac de Thomas Gillou avec Jacques Villeret et Isaac de Bankolé (1986)… Je me souviens que cette BOF m’avait marqué et que je l’ai cherchée, vainement… On y retrouve Papa Wemba, Youssou N’dour, Ray Lema… et donc Maitre Gazonga.
Hamed Gazonga, de son vrai nom Ahamat Salet Rougalta, est un musicien Tchadien, né en 1948 et malheureusement décédé en avril 2006.
Travaillant à N’Djamena, il décide à 21 ans de devenir musicien, rejoint un 1er orchestre, qu’il quitte rapidement pour former l’International Challal. Il tire son inspiration de la musique folklorique des diverses régions du Tchad avec des influences musicales très variées : soukouss, highlife, mbalax voire funk éthiopien…
L’album Les Jaloux Saboteurs a été enregistré à Abidjan vers 1984, avec des musiciens de divers pays africains et tout ce qu’il faut en guitares (entre autres certainement son frère, lui-même décédé récemment) et en cuivres sur les 4 titres qui le composent.
Maitre Gazonga était l’un des musiciens les plus connus du Tchad, et sa popularité allait largement au-delà des limites régionales… R.I.P
Les Jaloux Saboteurs
Une petite anecdote trouvée sur le Web : Maitre Gazonga et son groupe Challal avaient trouvé un moyen de partir en tournée à travers le Tchad tout en étant convenablement payés. Gazonga sachant que dans les zones rurales les gens sont souvent pauvres, n’ont pas d’argent mais malgré tout veulent s’amuser, le groupe donnait des concerts pendant plusieurs mois dans toutes les régions du Tchad où les villageois pouvaient payer avec ce qu’ils avaient : du sorgo, du riz, du poisson séché, des poulets, des haricots… Et les concerts eurent ainsi beaucoup de succès.
Et pendant que le groupe allait de village en village, 2 camions faisaient des aller-retour avec la capitale N’Djamena, pour vendre au marché une partie des produits récupérés, l’autre étant directement donnée aux familles des musiciens. L’argent ainsi récupéré permettait de payer les salaires et avec les profits réalisés, ils pouvaient répéter le reste de l’année et enregistrer de nouveaux titres. Génial, non ?


