Instruments shouldn’t die…

Originally posted 2009-11-12 02:48:46.

Lors de ce dernier Womex, javais prévu dassister au showcase de Mamane Barka, que javais croisé dans le hall de lhôtel avec son instrument étonnant. Malheureusement, un rendez-vous plus long que prévu men a empêché. Je me rattrape en vous le présentant ci-dessous.

Biram

Malam Mamane Barka est considéré comme le dernier maître traditionnel du (de la ?) Biram. Cest un instrument traditionnel utilisé dans la tribu Boudouma, des pêcheurs nomades qui vivent en bordure du lac Tchad, à lest du Niger.
Le Biram est une sorte de harpe à 5 cordes, dont la forme évoque une pirogue, comme celles utilisées sur le lac. Seuls les initiés ont le droit den jouer

Mamane Barka - biram

Les jeunes générations nétant plus intéressées par cet instrument, il ne restait quun seul vieux maitre sur lîle Boudouma. Lorsque Mamane Barka, déjà musicien et lui-même un nomade de la tribu Toubou, eut connaissance de linstrument, il décida de sinstaller auprès du vieux maitre, dapprendre la langue locale et le jeu du Biram.
Une bourse de lUNESCO lui a permis datteindre son rêve : sauver cette harpe sacrée de loubli.

Après bien des rituels de purification, le vieux maitre accepta de réaliser son initiation et de lui transférer les chants mystiques traditionnels. Comme Mamane Barka était un fils des dunes, le vieux maitre lui offrit son dernier Biram en cadeau. Ecoutez

Puisque ce billet est consacré aux instruments étonnants (pour lesquels javais déjà commis quelques billets cf. le lien) , en voici un second

Les Timbila
Toujours lors du Womex, jai diné avec un producteur et manager de Maputo au Mozambique (hello Litho !!!), rencontré sur le stand dEquation Musique (je vous en reparlerai). Et la conversation ayant dérivé vers les musiques traditionnelles, il ma parlé longuement du Mbila (Timbila au pluriel), forme de xylophone que lon ne trouve que dans une région de son pays. Voici ce que jai pu trouver à ce sujet.

Extrait du site de lUNESCO : Les communautés Chopi, établies principalement dans la province dInhambane, dans le sud du Mozambique, sont réputées pour leur musique orchestrale. Leurs orchestres sont composés de cinq à trente xylophones en bois appelés timbila (mbila au singulier), de tailles et tonalités différentes. Les timbila sont des instruments en bois, confectionnés et accordés avec le plus grand soin. Ils sont fabriqués en mwenje, un arbre à croissance lente dont le bois a une grande résonance. Chaque lame de bois repose sur une calebasse qui fait office de résonateur. Elle est solidement fixée à laide de cire dabeille et imprégnée dhuile de nkuso, conférant à linstrument sa riche sonorité nasale et ses vibrations caractéristiques. Les musiciens sont aussi bien des maîtres que des apprentis de tous âges, les enfants jouant aux côtés de leurs grands-pères. Chaque année, plusieurs nouveaux morceaux sont composés et interprétés lors de mariages et autres événements sociaux. Les rythmes, à lintérieur de chaque thème, sont extrêmement complexes si bien que le musicien exécute souvent des rythmes différents avec chaque main. Les compositions, qui durent près dune heure, alternent des solos et des parties orchestrales sur différents tempos. Des danses timbila associées à la musique sont exécutées par deux à douze danseurs devant lorchestre.

Tout concert de timbila commence par le mzeno, un chant solennel entonné par les danseurs que les musiciens accompagnent en sourdine sur un rythme lent. Les textes, empreints dhumour et de sarcasme, évoquent des problèmes sociaux contemporains et rendent compte des événements survenus au sein de la communauté.

La plupart des joueurs expérimentés de timbila sont âgés. Si plusieurs maîtres ont commencé à former de jeunes musiciens et ont intégré des filles dans les orchestres et groupes de danse, les jeunes perdent de plus en plus le contact avec ce patrimoine culturel. En outre, la déforestation raréfie le bois nécessaire pour produire la sonorité particulière de ces instruments.

Il semblerait que certains artistes intègrent désormais cet instrument dans leurs compositions. Litho doit madresser de la musique et je vous en dirai plus

Souhaitant que vous ayez apprécié ces 2 découvertes sonores pour mon 300ème billet sur KoToNTeeJ !