Originally posted 2008-09-26 01:00:00.
J’ai déjà eu l’occasion de signaler que le Rap et le Hip Hop n’étaient pas mes nourritures musicales préférées. Encore une fois… je fais exception pour parler d’un destin exceptionnel, celui d’Emmanuel Jal.
Tout d’abord, un peu de musique : WarChild
Né “au début des années 80″, Emmanuel Jal n’est pas certain de la date, il a 6 ou 7 ans lorsqu’il se retrouve embarqué dans la guerre civile soudanaise… En 1987, il devient donc l’un des 10 000 enfants soldats, conscrits malgré eux d’un conflit de 2 décennies… Pendant 5 longues années, il sera l’un de ces “warchilds”, transportant une AK-47 plus haute que lui…
A l’âge de 13 ans, il est donc un vétéran de 2 guerres civiles et a vu des centaines de ces camarades réduits à d’indicibles moyens pour survivre dans les zones de combat mortel du Sud Soudan. Après une suite d’événements horribles, il est secouru par une anglaise, travailleuse humanitaire, qui le transfère en cachette à Nairobi, pour l’élever comme son fils.
Pour calmer la douleur de son passé tourmenté, Emmanuel Jal commence à chanter. En 2005, sort son premier album, Gua (“paix” en Nuer, sa langue natale). Le titre principal est rapidement diffusé à travers l’Afrique. Son style Gospel Rap, proche des rythmes de son enfance, ainsi que ses messages de paix et de réconciliation, lui valent une reconnaissance mondiale.
Il sera ainsi l’invité de Bob Geldof pour le concert “Live 8″ au Royaume-Uni. Et on retrouve sa musique aux côtés de Coldplay, Gorillaz et Radiohead sur l’album humanitaire “Warchild – Help a Day in the Life” (et d’autres…), dans des documentaires du National Geographic, sans oublier le film sorti en 2006 Blood Diamond, avec Leonardo DiCaprio.
Un film documentaire sur sa vie est diffusé depuis quelques mois dans de nombreux festivals. Voici la bande-annonce (en anglais) :
En 2007, Emmanuel Jal a participé au concert filmé The Concert To End Slavery avec Moby, entre autres… On l’a retrouvé sur scène pour les 90 ans de Nelson Mandela (Hyde Park – Londres) et aux côtés d’Alicia Keys, Annie Lennox, Damien Marley et Stephen Marley pour le “Black Ball” en juillet 2008. Ce même mois, il s’est adressé aux délégués des Nations Unies à New York.
J’avais découvert Emmanuel Jal lors de la sortie de son premier album, et l’actualité (comme souvent) me l’a rappelé à mes bons souvenirs. A noter qu’un livre sur son histoire devrait sortir courant 2009.
Je parlais au tout début d’un destin exceptionnel, voire incroyable, qu’en pensez-vous ? Réagissez dans les commentaires !!!
Tags: africa, hip hop, soudan
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