Originally posted 2009-04-09 23:45:49.
Update du 12/4 : voir en bas de ce post la réponse de Frédéric Galliano sur le billet que j’ai posté sur Babel Blog Music.
Désolé, je me fais un petit peu rare ces temps-ci, mais mon retour de Babel Med Music 09 est assez occupé entre clients, administration et problèmes techniques… Assez parlé, un peu de “dance” pour maintenir le moral au chaud !
Place au Kuduro ! Le 27 mars, la journée se clôturait par une prestation de Frédéric Galliano et de son Kuduro Sound System :
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Globalement, je fus assez déçu, car nous avons surtout eu droit côté musique à du “Frédéric Galliano” et côté animation sur scène à 4 jeunes ambianceurs (2 filles + 2 garçons) tout autant tchatcheurs que danseurs, s’inspirant du Kuduro…
Kuduro ? Késako ?
Si l’on repart à “l’étymologie” (si, si ! on peut !), Kuduro ou Kuduru, vient du portugais cu duro, donc “cul dur”. C’est un genre tant de musique que de danse, créé en Angola par Tony Amado au milieu des années 90, considéré comme le premier exemple de musique électro africaine.
Dans la vidéo ci-dessous, Tony Amado explique tout (en Portugais) :
Il dit s’être inspiré d’une vidéo où Jean-Claude Van Damme esquissait quelques pas de danse dans un film avec “les fesses un peu serrées”… En mixant avec du Funk, de la House, en accélérant le tout, et en travaillant sur la chorégraphie, il crée ce nouveau style musical et festif qui, bien qu’interdit au départ de diffusion par les médias, explose auprès des jeunes, dans les boites, et dans la rue, dans les taxis collectifs… Petit à petit, la fièvre du Kuduro gagne d’autres pays, Portugal, Cap Vert ou Brésil… et débarque maintenant un peu partout… D’après mes sources, le Mali commence à être “contaminé” et on peut trouver sur le net des fusions “Coupé-Décalé/Kuduro”… Bien sûr, l’Europe commence depuis 2 ans à découvrir ce “mouvement”.
Parmi les artistes les plus connus, on trouve Costuleta avec le morceau Tchiriri ou Dog Murras ci-dessous en “fusion” à Bahia :
Style urbain par excellence, la base rythmique du Kuduro reste tout de même la Semba, musique traditionnelle d’Angola popularisée par Bonga, dont on connait bien entendu un dérivé Brésilien, la Samba, mais qui a aussi engendré le Kizomba, lors de son mélange avec le Zouk.
Frédéric Galliano, DJ et producteur émérite, a certainement été l’un des premiers à découvrir le potentiel du Kuduro. S’il a compris comment exploiter cette musique urbaine via Kuduro Sound System en l’intégrant à ses propres mixes, ce que je connaissais sur disque, et qui me réjouissait d’avance, n’est pas réellement ce que nous avons eu ce soir là, même s’il a réussi à faire monter la température de cette fin de 2ème jour. Certaines personnes auraient même quitté la salle, “choquées” de voir les danseuses mettre en avant leur fessier lors de déhanchements rythmés et suggestifs…
Pour revenir à la musique, il y manquait ses racines africaines, ses beats percussifs… remplacés par du DJing bien classique et pas forcément savoureux… (hormis son classique sample de Grace Jones… cf. 2ème vidéo ci-dessous)
Bien sûr, la petite troupe d’ambianceurs apportait son semblant de touche “locale” et tentait de nous convaincre que nous assistions bien à une prestation Kuduro-esque, mais il y manquait les enchainements, les pas de danse “en ligne”… Rien ne sert de se trémousser, si c’est sans chorégraphie… Rien ne sert de crier “KUDURO”, si le fond musical en est tellement éloigné…
Voici 3 extraits de ce live du 27 mars, filmé avec ma petite caméra Kodak et qui m’a laissé, au final, sur ma faim…
A noter que, depuis son arrivée au Brésil, le Kuduro tend à y fusionner doucement avec le Funk Carioca (tout simplement Funk de Rio, aussi nommé, improprement, Baile Funk, qui n’est qu’indirectement lié au Funk américain), style de musique électro né dans les Favelas de Rio de Janeiro et très populaire, y compris lors des carnavals.
J’avais emporté avec moi une petite caméra Kodak Zi6. Si sa senbilibilité est très bonne pour l’image, le micro incorporé est un peu faible. Vous pouvez retrouver ces vidéos sur ma chaine YouTube : KoToNTeeJ
Update du 12/4 : voici la réponse de Frédéric Galliano sur le billet que j’ai posté sur Babel Blog Music.
“Didier, on peux parler ensemble du Kuduro Sound System si tu veux.
Mes programmations sont du Kuduro 100%, pas du tout éloigné du Kuduro de base (pour cela voir d’autres gens qui font du bon petit Kuduro de blanc bien éloigné de Luanda, bien éloigné de la base). Je travaille là-dessus depuis 4 ans, une dizaine de voyages en Angola pour bosser avec des artistes des ghettos, recherches de danseurs à inviter en europe (pas simple du tout…)… bref, je n’ai pas à me justifier sur la qualité ghetto de mes programmations, les connaisseurs seuls savent.
Je peux même sans doute t’en apprendre beaucoup plus que tu n’en sauras jamais là-dessus, y compris sur l’histoire du Kuduro (Tony Amamdo, etc, que j’ai été le premier à interviewer en 2005 et mettre en ligne l’histoire de la création de cette musique, puisque personne ne le savaient à l’époque y compris par les jeunes kuduristas eux-meme, infos que tout le monde reprends allègrement depuis…).
Pas de djing non plus dans mon concert à part les 15 minutes de baile funk en ouverture (et c’est volontaire), tout le reste est joué live dans mon Mac.
Pour les danses, revenant de Rio 2 jours avant, je n’ai pu auditionner la troupe d’Angolais selectionné par le chanteur, mais ma conclusion est la meme que la tienne, ils ont fait leur premier et dernier concert avec moi, pas assez rude, meme si il ne faut pas oublier que les filles sont souvent moins rudes que les mecs en danse. Quand au chanteur, plus difficile pour lui de se jeter dans un tel bain, on a bossé par distance par internet, je le garde, le potentiel est énorme, on va juste affiner les compos et les interprétations.
On se reparle dans quelques temps, passe me voir lors d’un prochain concert dans la région.”
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