A peine l’Afrique avait-elle fini de fêter “Sa” coupe du monde, qu’une bonne partie des états se lançait dans la commémoration des indépendances, pour un cinquantenaire parfois en demi-teinte.

Bien entendu ici, le sujet n’est pas de traiter de ces festivités ni de leurs implications politiques ou économiques, mais bien sous l’angle discographique. Car en effet, nombre de petits ou moyens labels se sont engouffrés allègrement dans le thème “50 ans de musiques africaines indépendantes”.

Mais avant tout, un petit peu de musique : Baloji, rappeur Congolais, reprend “Independance Cha Cha”

A ce jour, distribués en France, j’ai dénombré 3 coffrets différents :

  • la compilation Free Africa, en 4 CDs, chez Maquis Music, sortie en mai,
  • la compilation Afriques Indépendantes, en 5 CDs, chez Pias France/Cantos-Frochot, sortie aussi en mai,
  • et enfin, la méga-box 50 years of Independance de 18 CDs chez Discograph qui sort ce 16 août (et en promo chez Sterns !)

On m’a adressé la 1ère de ces 3 offres (j’ai reçu les CDs seuls il y a qques semaines…), que j’ai donc pu écouter tranquillement.

Bien évidemment le but est noble : réussir à rappeler, même furtivement, ce qu’a été cet événement pour de nombreux pays, ce qu’il y avait avant, et ce qu’il est advenu ensuite, l’hommage aux pays concernés étant rendu à travers la/les musique(s).

Mais quand dans les communiqués de presse on lit “50 titres essentiels et indispensables”, “la richesse du patrimoine musical du continent noir”, “les plus grands classiques des créations du continent Africain”, “A l’occasion des célébrations du 50ème anniversaire des Indépendances, retrouvez en 60 titres incontournables la bande son afro-pop rêvée, de 1960 à nos jours !”, puis “autant d’artistes, d’orchestres, dont la légende est intimement liée à l’histoire des indépendances” ou “une anthologie des plus grands noms de la musique africaine, la véritable bande originale de l’histoire d’une indépendance”, j’avoue commencer à me poser des questions… N’est-on pas tout simplement en train de me “sur-vendre” une N-ième compilation de musique africaine… avec l’alibi des indépendances pour seule justification. Ah, c’est beau le marketing…

Car, s’il est évident que l’émergence des artistes que l’on connait aujourd’hui, lorsque l’on est amateur de musique africaine, survient après les indépendances, la question fondamentale que je suis en droit de me poser est : quel est le lien réel de cause à effet pour chacun des titres ou artistes choisis ?
Je ne nie pas que les puissances coloniales aient pu avoir un impact très négatif sur l’expression musicale traditionnelle, et que leur “départ” a certainement permis l’explosion d’une nouvelle musique populaire dans chacun des pays concernés.
Mais, j’ai l’impression qu’on essaye de me faire avaler “50 années de musique” en me disant qu’elles n’auraient comme unique origine que l’indépendance… alors que, pour la plupart, ces musiques ont simplement accompagné 50 années d’évolution du monde Africain. Globalement, on tente de me coller des anthologies qui ratissent large sous un emballage alléchant. Ou alors, on s’adresse à des néophytes…

Mais bon, je peux me tromper… Donc, je commence à éplucher la liste des artistes et des titres respectifs… Peut-être vais-je découvrir des trésors de musique militante aux textes engagés, prenant appui sur des rythmes tradi-modernes et enracinés dans les luttes des années 60…

A première vue, puisque je ne l’ai pas écoutée, la compilation qui me semble la plus “cadrée” est “Afriques Independantes” avec beaucoup de musiques Congolaise et Guinéenne.

Mais très franchement, quand on intègre dans une autre, le Pata Pata de Miriam Makeba et le Soul Makossa de Manu Dibango, l’auditeur est tout de même en droit d’être interloqué…
De même quand on trouve, au hasard, Ba Cissoko ou Magic System avec 1er Gaou, Victor Démé ou Mory Kanté avec Yéké Yéké ou Francis Bebey avec Condition Masculine.
Et sur les 3 offres, seulement 2 contiennent “Indépendance Cha Cha” du Grand Kalle avec l’African Jazz…

J’adore tous ces titres et les artistes correspondants sont dans ma discothèque ! Mais que l’on me justifie leur présence dans le contexte précis de 50 ans d’indépendance.

En conclusion, pour tous ceux qui ont déjà une large discographie africaine, vous ne trouverez pas forcément votre bonheur ici. Pour tous les autres, selon vos moyens, vous complèterez certainement votre collection.
Car, selon moi, ces coffrets représentent juste 50 ans de musique populaire Africaine et c’est déjà très bien comme ça !!!

Independance Cha Cha

Table Ronde

Tags: , , , , , , , , , , , , , ,

Vous avez aimé ce billet ? Pour recevoir directement dans votre mail
les mises à jour de KoToNTeeJ, entrez votre adresse email ci-dessous :

Ou retrouvez-moi sur !

Creative Commons License

Switch to our mobile site