Originally posted 2008-10-03 18:00:41.

Ancien boxeur professionnel, Marcel Salem est un chanteur sénégalais qui trouve son influence dans le reggae de Bob Marley et l’afrobeat de Fela Kuti. Dans ses textes, il dénonce fermement les défauts de la société sénégalaise aussi bien que les ravages causés par la colonisation, dans la lignée du reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly.

Clip Baapa, extrait de son premier album Carroy 44 (2004)

Marcel Salem est né à Mont Roland, dans le nord-ouest du Sénégal, d’une famille de paysans. A l’adolescence, début des années 70, lors des fêtes de son village, il écoute avec les autres toute la musique qui peut passer sur l’électrophone branché à une batterie de voiture : les yéyés français (Claude François, Johnny Haliday…) et la musique africaine de cette époque (Myriam Makeba, Bembeya Jazz, Demba Camara, Xalam…). Le Funk, le Rythm’n'Blues, la Soul, James Brown, Aretha franklin, Otis Redding, Nina Simone… et toute la musique anglophone, il les découvre à la radio. Et surtout, un premier choc : un 33T de Jimmy Cliff “Hard road to travel”…

Il part pour la ville, par désir d’indépendance, comme de nombreux jeunes. Vers 18 ans, il devient jardinier et découvre la boxe. Amateur, de poids léger à poids Walter, il gagne 28 combats sur 32. En parallèle, il est un fidèle des répétitions d’un groupe local très populaire.

“Je me souviens, dit Marcel Salem, c’est à cette époque-là qu’un grand frère de retour des Etats-Unis nous a rapporté, entre autres, le premier disque de Bob Marley avec Peter Tosh et les Waillers”.

Après l’arrêt prématuré de sa carrière de boxeur, il se retrouve en 85 à Abidjan où la jeunesse vibre au son du reggae Ivoirien : Alpha Blondy, Ismaël Isaac et les frères Keita, Serge Kassy, Ahmed Faras…

C’est décidé… Il s’achète une guitare ! Il couche ses textes sur un cahier qu’il possède encore aujourd’hui et dont est issue la plupart des textes de son futur 1er album Carroy 44 et suit de très près l’actualité dans les journaux sur tous les sujets qui le touchent…

Nourri par la musique des pays traversés, Marcel Salem apprécie tout autant le grand Fela Kuti (Nigeria), Hugh Masekela (Afrique du Sud), Manu Dibango (Cameroun) mais aussi Miles Davis, BB King, Django Reinhardt… Sans oublier, Peter Tosh, Burning Spear et Bob Marley…

Peter Tosh – African

De retour au Sénégal, après de nombreuses vicissitudes, que je vous invite à découvrir par vous même sur son site, il s’installe dans la station de Saly-Portugal et y forme un trio acoustique original : guitare, percussions et kora.
La petite formation assure l’animation dans les hôtels, bars et restaurants de la station avec un répertoire plutôt divers : variété française et africaine, quelques mélodies traditionnelles et populaires du Sénégal, sans oublier ses propres compositions dans le style “groove reggae acoustique”.

Après de nombreux autres soucis (santé, disparition d’un de ses frères…), en 99, arrivé en France, il entame une tournée de 4 ans, qui lui vaut de nombreuses rencontres. Il auto-produit en 2004 “Carroy 44″, son premier album de dix titres, qui synthétise ses expériences musicales et les leçons issues de sa vie et de ses aventures, heureuses ou malheureuses.

En janvier 2008 est sorti au Sénégal son 2ème album : AFRICA VIGILANCE, suivi d’une grande tournée franco-africaine.

Marcel Salem – Sama njatigi (2008)

Marcel Salem Live au Batofar (sept. 2008)

Pour la sortie en France de ce nouvel album, un événement – gratuit pour tous ! – est organisé ce lundi 6 octobre de 20h à 22h au cinéma La Clef (Paris 75005 – métro Censier Daubenton), avec documentaire + showcase + cocktail sénégalais…

On se retrouve là-bas ? ;-)


 

Voir aussi :

  1. Marcel Salem : documentaire + showcase
  2. Hip Hop & Reggae en Guinée
  3. Takana Zion: Reggae from Guinea to Mali
  4. Youssou N’Dour: Dakar-Kingston (EPK)
  5. Tiken Jah Fakoly, le caméléon

 

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